La nuit est encore présente, il est 4h45 lorsque je me réveille d'un rêve où les carpes m'entouraient de toute part, me laissant songeur à une partie de pêche mémorable.
Rêve ou réalité, j'ai du mal à faire la part des choses. J'y étais. Je n'y suis plus....
Je m'avance doucement dans la cuisine, sans faire de bruit. Je mets en marche le café, m'assois tranquillement des images plein la tête et j'attends mon Copain Réjou qui doit rentrer du boulot.
Le premier café a un goût de bonheur dans cette quiétude matinale. L'obscurité laisse pourtant présager une grande journée, le soleil ne devrait pas nous faire défaut. La cuisson des croissants dans le four commence à dégager des effluves fort agréables et je m'en régale d'avance.
Le petit déjeuner est pour moi un moment de calme où je peux me retrouver avec moi-même, penser à la journée que j'entame, et à ce que je dois préparer pour notre expédition à l'Etang des Cygnes, afin de pallier tout oubli....
5h15, j'entends le bruit de la clé dans la serrure, c'est mon pote qui rentre d'une nuit de travail qui l'a tenue en haleine, énervé qu'il était à la perspective de cette journée. Ce n'est pas souvent que l'on passe du temps ensemble, mais il n'y a pas, impossible de me rappeler un instant même infime où je me suis ennuyé, où je n'ai pas souri....
Nous prenons calmement le petit dèj, sans bruit, en préparant le plan de « bataille », et en récapitulant la liste du matos à prendre. Nous ne serons pas loin, mais c'est tellement plus simple quand tout est prêt !
Nous descendons charger les breaks, minutieusement et nous profitons de chacun des derniers instants de cette douce nuit alsacienne, le jour se lèvera vite m'indique Réjou, nous sommes en montagne.
Le trajet très court je vous le rappelle nous porte comme une plume l'est par le vent, jusqu'au portail de l'étang. Personne, normal...il fait nuit !!
Régis a amené le robot ménager familial que nous emmenons dans le local de l'amicale, afin de broyer des tigers tranquillement, vu qu'il n'y a pas grand monde à la ronde. La porte fermée, personne ne nous entendra. Le machon de tigers, ca va deux minutes, mais j'ai la mâchoire lasse de tous ces exercices, et le robot va faire le boulot à ma place, sans rechigner, enfin, je l'espère !!!!
Nous broyons 1 kilo de tigers environ, que l'on place chacun dans une boite à appâts, nous gagnerons ainsi en confort de pêche plutôt que de devenir de vrais ruminants !!!
Nous prenons place comme hier, près de la roselière. Je demande à Réjou s'il veut la roselière, que je lorgne déjà avec envie en pensant à mon amorçage réalisé avant de quitter les lieux hier, et bien sur, mon bon prince me laisse le trône !!! Quel seigneur, ce Réjou !
Il est 6h15 et le jour ne va pas tarder à se lever lorsque nous entamons le montage du matos. Chaque chose est minutieusement positionnée, fort de l'expérience d'hier, je sais parfaitement ce dont je vais avoir besoin aujourd'hui.
Je prends un deuxième filet d'épuisette qui me servira de sac de pesée, afin de na pas avoir à démonter la mienne à chaque prise....
Le peson trouve idéalement sa place sur le banc derrière Réjou....
Le tapis de réception et un seau d'eau à proximité pour le mouiller se trouvent entre nous.
Ma desserte de la veille peu pratique est remplacé par mon ponton, beaucoup plus accueillant pour les boites à appâts, et surtout, beaucoup plus facile à protéger du soleil d'un seul tenant, grâce à une serviette Drennan.
Ce matin, point de coupelle, du frondage dès le départ, juste pour remettre le coup en ébullition. Je tenterai cependant de m'écarter des roseaux de 1m environ, histoire de pouvoir finir le séjour avec quelques hameçons restant dans la boite !!!!
La ligne est montée sur place, un seul plomb n°8 collé au flotteur, le fond au pif, car ca doit se poser doucement et lentement sur le fond, une tiger au cheveu....Quelques poches d'appats et c'est parti. Première coulée, pan !!! Une commune de 1 kilo tout rond.